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La Mauritanie,
ancienne colonie française est devenue république en
1958, et indépendante en 1960. La religion d’Etat est l’Islam.
La Mauritanie,
officiellement appelée République islamique de Mauritanie, (la
RIM) est un pays vaste (1 030 700km²) au climat sahélien au sud du pays,
saharien dans le nord et ouvert sur l’Atlantique (plus de 700km de côtes).
La Mauritanie est située entre le Sahara Occidental (au nord), l’Algérie
(au nord-est), le Mali (à l’est et au sud) et le Sénégal (au sud).
Avec environ
3 millions d’habitants, la densité de la population y est très faible
(2,4 habitants au km²). Les communications sont donc difficiles en raison
de l’étendue du pays et de sa nature désertique. Le manque d’infrastructures
en technologies d’information et de communication entrave
ainsi les possibilités de développement du pays, dont les principales
ressources sont le minerai (de fer, cuivre et gypses). Les recherches
minières se poursuivent (or, diamants, hydrocarbures) avec de bonnes
perspectives d’identification de nouveaux gisements. Les ressources
halieutiques sont également importantes, les eaux mauritaniennes étant
parmi les plus riches au monde. Une nouvelle ressource a été découverte,
notamment le pétrole, l’exploitation de laquelle a commencé en Mauritanie
en février 2006.
Le climat
est chaud et sec, le vent sirocco, soulevant
poussière et sable, souffle surtout
en avril; des sécheresses périodiques affectent le pays, accrues la
désertification et accentuent de migrations
vers les zones urbaines.
La société
mauritanienne est constituée de plusieurs
communautés : notamment les Maures,
les Peuls, les Soninkés et les Wolofs. Les langues parlées en Mauritanie
sont principalement l’Arabe et le Français, ainsi que les langues nationales :
hassaniya, peul, soninké, et ouolof.
Le pays
a accompli d’importants progrès dans le domaine de la stabilité économique
et dans les secteurs sociaux. Les femmes y jouent un rôle clef dans
les domaines traditionnels tels que l’éducation et la santé ainsi que
dans les secteurs du commerce et également au niveau administratif et
culturel.
Situation
politique
Le premier
Président de la Mauritanie était Moktar Ould Daddah (1966-1971). Après la Présidence de Ould Daddah, la Mauritanie est sortie
de la zone « franc » et elle a créé sa propre monnaie « l’Ouguiya ».
Entre 1978 et 1984 le pays a été dirigé par des militaires :
Col. Mustafa Ould Salek (1978-1979), Col. Mohamed Mahmoud Ould Louly
(1979-1980), Ahmed Ould Bouceif (1979), Col.Mohamed Khouna Ould Haidalla
(1980-1984). Sur le plan intérieur la période a été fortement marquée
par les conséquences du conflit au Sahara occidental et caractérisée
par une grande instabilité, par des révolutions de palais et par des
tentatives de coup d’Etat.
Maaouiya
Sid Ould Taya été arrivé au pouvoir fin 1984 suite à un coup militaire.
Les premières années du nouveau régime seront marquées par une instabilité
croissante où les communautés negro-mauritaniennes se sentaient victimes
de l’arabisation de l’enseignement et de l’administration et défavorisées
par la réforme foncière de 1983, suivi par un conflit entre la Mauritanie
et le Sénégal en 1989. L’ensemble de ces événements a provoqué des centaines
de morts et le déplacement de centaines de millier de personnes (réfugiés
negro-mauritaniens au Sénégal et au Mali ou rapatriés maures du Sénégal).
En son
absence le 3 août 2005, le Président Ould Taya a été renversé du pouvoir
par le Colonel Ely Ould Mohammed Vall, Directeur de la sûreté nationale
à la suite d’un coup d’état. Compte de ce jour, le pays est gouverné
par un « Conseil militaire pour la justice et la démocratie »
fort de 17 membres et présidé par Col. Mohamed Vall.
Les nouvelles
autorités se sont engagées à
proposer des amendements à la Constitution qui rendront
possible l’alternance et à les soumettre à un referendum ainsi qu’à
organiser des élections législatives et présidentielles libres et transparentes
dans un délai n’excédant pas les 24 mois après le coup d’Etat.
Le référendum
constitutionnel s’est déroulé en généralement bonnes conditions le 25
juin 2006 et des élections législatives et locales sont prévues pour
le 29 novembre 2006. Les élections présidentielles qui clôtureront le
cycle électoral auront lieu en mars 2007 et le retour à un régime démocratique
et constitutionnel est prévu pour fin mai 2007, au plus tard.
Contexte extérieur et régional
Par sa situation géographique, son histoire et sa culture, la Mauritanie
représente un lien naturel entre le Maghreb et l'Afrique subsaharienne.
La Mauritanie
ne fait partie ni de la Communauté Économique
des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qu’elle a quitté
début 2001, ni de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).
Elle est membre de l’Union du Maghreb Arabe (UMA).
Bien que faisant partie des ACP, le Mauritanie prévoie d’être
partie prenante au dialogue euro-méditerranéen auquel elle a été invitée
en tant qu’observateur depuis 1995. Elle a soumis sa candidature officielle
en juin 2005.
Elle fait également partie
d'organisations sous-régionales telles que l'organisation pour la mise
en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et le comité permanent inter États
de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS). La Mauritanie reste
suspendue de l’Union Africaine depuis le coup d’état de 3 août 2005.
La Mauritanie a établi en 1999 des relations diplomatiques avec Israël,
une option politique qui ne suscite pas le consensus et donne lieu à
des tensions sur le plan intérieur. Le pays a également signé un accord
bilatéral d’immunité avec les Etats-Unis.
Relations
avec l’Union européenne
D’un point
de vue politique, l'Union européenne a considéré que le coup d'Etat
survenu le 3 août 2005 a constitué une violation des éléments essentiels
de respect des principes démocratiques et de l’Etat de droit repris
à l’article 9 de l’Accord de Cotonou
dont la Mauritanie est signataire. Cependant, la volonté affichée
des nouvelles autorités d’engager rapidement la Mauritanie sur la voie
d’un processus de transition démocratique a convaincu l’UE de la nécessité
de renouer le dialogue avec le pays.
L’UE s'est
ainsi engagée dans un dialogue politique avec le Gouvernement de transition
ce qui a conduit à l'ouverture de consultations au titre de l’article
96 de l’Accord afin d’examiner de façon approfondie la situation avec
les autorités mauritaniennes, sur la base de leurs engagements publics
en vue d'une transition vers un Etat démocratique. Lors de l’ouverture
des consultations, la partie mauritanienne a pris 23
engagements dans les domaines du respect des principes démocratiques,
des droits et libertés fondamentaux et de l’Etat de droit ainsi que
de la bonne gestion des affaires publiques. En particulier, les autorités
se sont engagées sur le retour à un régime démocratique et constitutionnel
fin mai 2007, au plus tard.
A la suite
des discussions avec les autorités mauritaniennes, reconnaissant les
progrès réalisés dans la mise en œuvre des 23 engagements et vu les
activités encore à mettre en oeuvre, l’UE a décidé de clôturer les consultations
et d’arrêter certaines mesures appropriées en matière de coopération.
L'Union européenne continue à suivre la situation en Mauritanie de près
et, s'est engagée pendant une période de suivi de 18 mois dans un dialogue
politique renforcé avec les autorités.
Les relations
avec l’Europe sont très significatives. L’Union Européenne (Etats membres
et Commission) est le principal partenaire au développement de la Mauritanie
et, parmi les États membres, la France, l'Allemagne et l'Espagne
financent de très significatifs programmes de développement dans le
pays. Même si la Mauritanie ne fait plus partie ni de la CEDEAO ni l’UEMOA,
elle est signataire des Accords de Cotonou avec l’UE, et dans ce contexte,
elle profite du Programme Indicatif Régional du 9ème FED
pour la région Afrique occidentale (qui couvre l’UEMOA et la CEDEAO
plus la Mauritanie).
L’accord de pêche récemment signé entre l’UE et la Mauritanie reste
le plus important conclu avec un pays tiers en termes financier, économique
et de possibilités de pêche
mais l'effort de pêche des bateaux européens sur des
espèces sensibles sera considérablement réduit par rapport à l'accord
précédent eu égard aux évaluations scientifiques sur l'état des stocks
dans les eaux mauritaniennes. L'accord sera applicable
pendant 6 ans. Un protocole pour une période de deux ans, renouvelable
deux fois, prévoit des possibilités de pêche pour environ 200 navires
communautaires. La contribution financière communautaire s'élèvera à
86 millions d’euros par an dont 10 millions ont été affectés
pour soutenir des mesures telles que l'amélioration des infrastructures
portuaires, le renforcement du contrôle des activités de pêche et la
modernisation de la flotte artisanale. Une contribution financière spécifique
a aussi été prévue pour soutenir le Parc National du Banc D'Arguin.
Le niveau des redevances pour les licences, à charge des armateurs
opérant dans le cadre de l'accord, sera augmenté graduellement et pourrait représenter un montant additionnel d’environ 22 millions d’euros
par an. Le nouvel accord est en vigueur à partir du 1er août
2006, en attendant son adoption finale par les institutions communautaires.
Situation
économique
Un des
contraintes pour le développement de la Mauritanie est l’enclavement
interne du pays. Sa superficie comme la faible densité de population
rendent la mise en oeuvre des politiques de lutte contre la pauvreté
souvent délicate. Les entraves au développement dues à cet enclavement
se manifestent principalement de deux façons :
(i)
morcellement du marché interne mauritanien : les
zones les moins bien loties et les plus isolées où la pauvreté est souvent
la plus forte n’ont pas d’une part accès aux biens de premières nécessité
et d’autre part les moyens de commercialiser leur production et d’en
tirer des revenus monétaires. Cet enclavement perturbe également l’approvisionnement
des grands centres et l’acheminement des deux productions principales
du pays : minerai de fer et poisson ;
(ii)
accès aux services sociaux de base : l’isolement
de certaines régions rend l’accès aux centres de santé et écoles plus
difficile d’une part et d’autre part empêche la mobilité du personnel
de santé et d’éducation.
La répartition
spatiale de la population en pôles économiques régionaux séparés par
des distances importantes rend ces problèmes encore plus aiguës. Les
principaux pôles productifs, Nouakchott, Nouadhibou, région du fleuve
Sénégal, Zouérate sont éloignés les uns des autres de plusieurs centaines
de kilomètres et dans certains cas, comme Nouadhibou, Zouérate, une
partie de la vallée du fleuve Sénégal ne sont pas intégrés dans le réseau
de transport national.
De ce
fait, les carences en infrastructures de transport limitent le développement
d'activités économiques, en particulier dans les régions éloignées de
la capitale. En ce sens, l’intervention dans le domaine des transports
n’est pas seulement un investissement économique, mais aussi un investissement
social. Sans un soutien significatif dans le secteur des transports,
les objectifs de croissance économique nécessaire à la lutte cotre la
pauvreté, retenus dans le « Cadre stratégique de lutte contre la
pauvreté » (CSLP) semblent difficilement réalisables.
En revanche,
la Mauritanie connaît depuis 20 ans
des progrès dans le développement économique et social. Sur le plan
économique, le poids de l’élevage s’est réduit de moitié (16% au lieu
de 33% du PIB au coût des facteurs). De même, le secteur des administrations
publiques a chuté suite à la politique actuelle structurelle.A l’opposé, le secteur
des services marchands a considérablement progressé grâce à une forte
croissance économique entre 1995 et 1999 des transports et télécommunications,
et du commerce. La croissance du secteur primaire (agriculture, pêche,
artisanale et élevage) connaît des fluctuations très brusques, liées
en particulier aux variations climatiques. L’économie du pays est basée
sur les performances de deux secteurs modernes : le minerai de
fer et la pêche. La production du pétrole a commencé en 2006, et il
s’inscrit alors comme un secteur à surveiller attentivement dans l’avenir.
En ce qui concerne le commerce, 54 % des exportations mauritaniennes
sont destinées à l’UE et 46 % des importations en proviennent. Le pays
négocie un Accord de Partenariat Economique (APE) avec l’UE dans le
cadre CEDEAO + Mauritanie.
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